Biblica 76 (1995)

Fasc. 1

Commentationes

Enns, P., «A Retelling of the Song at the Sea in Wis 10, 20-21», Vol. 76(1,1995) 1-24.
       Cet article détermine comment la Sagesse de Salomon interprète les traditions bibliques; plus particulièrement il étudie le commentaire que le Pseudo-Salomon fait du cantique de Moïse (Ex 15) en Sg 10,20-21. Les liens précis entre le commentaire et le cantique lui-même ne sont pas clairs. Trois solutions ont été proposées: les différences proviennent de l'imagination débordante de l'interprète (le Pseudo-Salomon); Sg cite d'autres interprètes plus anciens qui se situent dans la même tradition exégétique; enfin, certains exégètes ignorent complètement le phénomène. Les commentaires de Sg, à notre avis, se comprennent mieux si on y voit une série de tentatives d'une tradition exégétique qui cherche à expliquer les particularité du texte hébreu de Ex 15. Pour étayer cette thèse, l'article fourni un certain nombre de parallèles non seulement des commentaires du Pseudo-Salomon, mais aussi des procédés exégétiques qui leur sont sous-jacents.
 
Goldman, Y.A.P., «Crispations théologiques et accidents textuels dans le TM de Jérémie 2», Vol. 76(1,1995) 25-52.
       Theological considerations and textual accidents may have influenced the Masoretic text (MT) of Jeremiah 2. This article shows that the Greek version of Jeremiah should not be underestimated as a witness to the earliest available text, even where this Greek text itself witnesses to later reworking. Any conjecture in textual criticism is valid only insofar as it can explain the extant witnesses to a text, and the solutions proposed here suggest that it is possible to discern where MT has undergone modifications which have deformed the original meaning of some of the oracles.

Animadversiones

Barré, M.L., «Hearts, Beds, and Repentance in Psalm 4,5 and Hosea 7,14», Vol. 76(1,1995) 53-62.

Ska, J.L., «De quelques ellipses dans les récits bibliques», Vol. 76(1,1995) 63-71.

Irwin, W.H., «Conflicting Parallelism in Job 5,13; Isa 30,28, Isa 32,7», Vol. 76(1,1995) 72-74.

Schmidt, T.E., «The Letter Tau as the Cross: Ornament and Content in Hebrews 2,14», Vol. 76(1,1995) 75-84.

Res Bibliographicæ

Gianto, A., «A New Edition of Aramaic Texts from Egypt», Vol. 76(1,1995) 85-92.

Fasc. 2

Commentationes

Dunn, J.D.G., «The Colossians Philosophy: A Confident Jewish Apologia», Vol. 76(2,1995) 153-181.
       Le but de cet article est de montrer que la lettre aux Colossiens répond aux objections d'un Judaïsme mystique et non syncrétiste, sûr de son héritage et peu impressionné par la petite communauté chrétienne qui se réunissait chez Philémon. Il n'y a qu'une façon de comprendre cette lettre: elle suppose qu'à Colosses, à la différence de la Galatie, la menace vient de la synagogue et de la «circoncision» qui refusait à l'«incirconcision» toute participation à l'héritage d'Israël. Cette opposition au christianisme mérite le titre de philosophie «concurrente» plutôt que d'«hérésie» ou d'«erreur».
O'Toole, R.F., «"You Did Not Lie to Us (Human Beings) but to God" (Acts 5,4c)», Vol. 76(2,1995) 182-209.
        «Ce n'est pas aux hommes que tu as menti, mais à Dieu» (Ac 5,4c): cette affirmation, développée au v. 9a, résume le message de Luc en Ac 5,1-11. L'étude de la composition ( «composition criticism» ) de ce passage considère tour à tour la forme littéraire, la structure en diptyque, le contenu, la rencontre entre le divin et son contraire, et le contexte de ces versets. Après un examen des parallèles, l'histoire de Judas et celle de la tentation de Jésus se révèlent les plus proches du récit en question. De même que Jésus commence son ministère par une victoire importante sur le démon, ainsi la présence de Dieu et du saint Esprit en Pierre et dans l'Église naissante réussissent à vaincre Satan qui agit en Ananie et Saphire.

Animadversiones

Frolov, S., «"Days of Shiloh" in the Kingdom of Israel», Vol. 76(2,1995) 210-218.

Prinsloo, W.S., «Psalm 82: Once Again, Gods or Men ?», Vol. 76(2,1995) 219-228.

Kilgallen, J.J., «The Purpose of Luke's Divorce Text (16,18)», Vol. 76(2,1995) 239-249.

Res Bibliographicæ

Dietrch, M., «Altstrische Götter und Rituale aus Emar», Vol. 76(2,1995) 239-249.

Fasc. 3

Commentationes

Oberweis, M., «Erwägungen zur apocalyptischen Ortsbezeichnung "Harmagedon"», Vol. 76(3,1995) 305-324.
        Jusqu'à présent, le nom hébreu «Harmagedon» (Ap 16,16) n'a pas encore reçu d'interprétation convaincante. La traduction «montagne de Mégiddo» est problématique, parce que l'AT ne connaît qu'une «plaine» de Mégiddo. En outre, il faut encore expliquer pourquoi les «rois de l'Orient» choisissent ce lieu après l'assèchement de l'Euphrate (Ap 6,12). On a de bonnes raisons de croire que «Harmagedon» est un «chiffre» établi selon certaines règles. Pour les noms d'origine sémitique, il existe plusieurs exemples de mots qu'il faut lire à l'envers (de droite à gauche) pour pouvoir les déchiffrer. Ainsi, après avoir transcrit «Harmagedon» en hébreu et rendu le gamma par un cain, on obtient, en lisant le mot à l'envers (de droite à gauche), les noms «Nod» et «Gomorrhe». Le pays de Nod, lieu où fut banni Caïn après le meurtre de son frère, se trouvait d'après Gn 4,16 «à l'est d'Éden» et donc aussi à l'est de l'Euphrate, le fleuve du Paradis. Les «rois de l'Orient» seraient donc les descendants de Caïn. Leur châtiment final est aussi annoncé par l'Hénoch éthiopien 22,7.
 
Vall, G., «The Enigma of Job 1,21a», Vol. 76(3,1995) 325-342.
        L'expression «le sein de sa mère» en Jb 1,21a renvoie initialement à la propre mère de Job. Mais la seconde partie du verset «je retourne dans le sein de ma mère» suggère au lecteur de réinterpréter la première partie du même verset comme une référence à la terre-mère. Cette référence tropologique duelle crée une fusion énigmatique entre la mère et la terre. Sir 40,1 supprime quelque peu la tension de l'énigme en donnant des noms distincts à la mère humaine et à la terre-mère et en clarifiant en même temps la référence à cette dernière. Qo 5,14a, Sg 7,1-6 et 1 Tm 6,7 éliminent tout simplement la notion de terre-mère. Quelques commentateurs modernes réduisent à tort la signification de Jb 1,21a à celle de ces derniers textes.
 
Weigl, M., «Eine "unendliche Geschichte": ,nk (Am 7,7-8)», Vol. 76(3,1995) 343-387.
        Cette contribution, qui est en fait une «histoire de la recherche», a pour objet l'hapax legomenon ,nk en Am 7,7-8. En premier lieu, il s'agit de faire le point sur les recherches orientalistes à propos de ce terme, recherches où les aspects philologiques et archéologiques se côtoient et s'influencent mutuellement. Ensuite, l'article analyse les réactions en sens divers que la discussion au sujet de l'akkadien a provoquées dans l'exégèse vétérotestamentaire, en particulier dans les commentaires récents, les monographies, les traductions et les dictionnaires. Dans la dernière partie, l'étude esquisse quelques propositions pour une future discussion dans le domaine.

Animadversiones

Booij, Th., «Psalm 116,10-11: the Account of an Inner Crisis», Vol. 76(3,1995) 388-395.

Res Bibliographicæ

Ska, J.L., «De la relative indépendance de l'écrit sacerdotal», Vol. 76(3,1995) 396-415.

Fasc. 4

Commentationes

Knoppers, G.N., «Images of David in Early Judaism: David as Repentant Sinner in Chronicles», Vol. 76(4,1995) 449-470.
        Dans les Chroniques, David est populaire dans toutes les régions d'Israël, victorieux à la guerre, son oeuvre cultuelle est couronnée de succès, il est expert en politique et zélé quant à l'administration. Étant donné ce portrait hautement stylisé de David, les exégètes se sont étonnés du fait que le Chroniste ait incorporé dans son oeuvre le récit du recensement et de la plaie de 2 S 24. Certains attribuent la présence de ce récit à un intérêt pour l'exégèse (Willi); d'autre au désir de valider le futur site du temple (DeVries, Duke). D'autres encore voient dans ce récit une preuve que le Chroniste possède les qualités d'un historien de bon aloi (Japhet). Enfin, Wright affirme que David est innocent, mais qu'il accepte le châtiment divin pour sauver son royaume.
        Mais le problème du caractère sans faille de David a peut-être été mal compris. La culpabiblité avouée de David entraîne-t-elle qu'il ne puisse pas servir de modèle aux destinataires postexiliques du Chroniste ? Notre étude désir montrer comment le fait que David admette clairement sa culpabilité, qu'il intercède pour Israël, qu'il s'afflige et promette à nouveau obéissance contribue à sa renommée. En d'autres mots, le David du Chroniste est non seulement un héros, un conquérant et un protecteur du culte, il est aussi le pécheur et l'intercesseur des titres des Psaumes.
 
Stipp, H.J., «Ahabs Busse und die Komposition des deuteronomistischen Geschichtswerks», Vol. 76(4,1995) 471-497.
        The notice about Ahab's penance and the postponement of his punishment in 1 Kgs 21,27-29 creates a paradox. On the one hand Ahab is the sole recipient of the oracle addressed to the dynasty, whose punishment is postponed. On the other hand he is the only one who actually suffers the punishment (1 Kgs 22,38). This taken together with 1 Kgs 22,40 ("sleeping with his ancestors") supports the thesis that 1 Kgs 22,1-38 was not yet present in the original DtrG*. The interdependence of the prophetic stories in 1 Kgs 13 - 2 Kgs 13 as well as further observations make it probable that the majority of these texts entered DtrG only later. This would favour the block model for the origin of the DtrG as opposed to the layers model and points to its original function as a prospectus and warning notice which served as propaganda to accompany Josiah's reform.
 
O'Toole, R.F., «Does Luke Also Portray Jesus as the Christ in Luke 4,16-30 ?», Vol. 76(4,1995) 498-522.
        This article uses composition criticism and argues from Luke's two volumes themselves that he views Jesus as Christ in Luke 4,18-19 (16-30). Naturally, the "anointing" of Luke 4,18 proves particularly important in this investigation; but the unity of 4,14-44, passages that share the baptismal terminology of 4,18 and the chiastic structure of 4,16-20 also support the above interpretation. The use of chrìô in Acts 4,27, an analysis of Luke 2,25-35; 7,18-23; 9 and of Acts 10,38, together with the vocabulary of Luke 4,18-19, likewise favour this understanding. In fact, when the reader arrives at Luke 4,18, he is already well aware that Jesus is the Christ.

Animadversiones

von Wahlde, U.C., «The Theological assessment of the First Christian Persecution: The Apostles' Prayer and Its Consequences in Acts 4,24-31», Vol. 76(4,1995) 523-531.

Noegel, S.B., «The Significance of the Seventh Plague», Vol. 76(4,1995) 532-539.

Schniedewind, W.M., «Are We His People Or Not ? Biblical Interpretation During Crisis», Vol. 76(4,1995) 540-550.

Irwin, W.H., «Fear of God, the Anology of Friendship and Ben Sira's Theodicy», Vol. 76(4,1995) 551-559.

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© 1998 Biblica Last modified 26/03/00