Biblica 75 (1994)
Fasc. 1
Commentationes
- McLaughlin, J. L., «Their Hearts Were Hardened: The Use of Isaiah 6,9-10 in
the Book of Isaiah», Vol. 75(1,1994) 1-25.
- En Is 6,9-10, le prophète reçoit la mission de provoquer, et non pas seulement
dannoncer l'endurcissement du coeur du peuple, et ceci pour préparer son jugement.
Seul parmi les prophètes, Isaïe ajoute cet aspect causal au motif de l'endurcissement du
coeur, mais on retrouve ce même aspect dans les trois parties du livre canonique
d'Isaïe. Dans cinq textes, l'obstination du peuple est attribuée à l'action divine
plutôt qu'humaine. La répétition du vocabulaire et des constructions grammaticales de
6,9-10 indique que ce dernier texte a été consciemment utilisé. En outre, les cinq
textes précités ont été insérés par un rédacteur. Ces faits corroborent l'unité de
la forme finale du livre dIsaïe.
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- van de Sandt, H., «The Quotations in Acts 13,32-52 as a Reflection of Luke's LXX
Interpretation», Vol. 75(1,1994) 26-58.
- En Ac 13,32-52 apparaissent un certain nombre de citations
explicites de la LXX: Ps 2,7 (Ac 13,33); Is 55,3 (Ac 13,34); Ha 1,5 (Ac 13,41) et Is 49,6
(Ac 13,47). La question est de savoir pourquoi ce sont précisément ces textes qui ont
été choisis. Pour résoudre le problème il faut examiner chaque citation dans l'ordre,
son contexte original dans la LXX et les échos de ces contextes dans le livre des Actes.
Pour le Ps 2, le contraste entre la vaine rébellion des nations et le pouvoir absolu de
Dieu se reflète dans le rejet violent de Jésus et l'annulation de ce rejet par la
résurrection de Jésus d'entre les morts (Ac 13,27-33). La principale conclusion de cet
article est que Luc découvre en Is 55,1-13; Ha 1,1-11 et Is 49,1-6 l'intention divine de
sauver les nations païennes. Dans chacun de ces passages de la LXX, ce dessein en faveur
des nations est formule selon un modèle qui correspond à celui du Ps 2, c'est-à-dire
sous la forme d'un contraste entre la façon de penser et d'agir des hommes, d'une part,
et celle de Dieu, de l'autre.
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Animadversiones
- Schenker, A., «Interprétations récentes et dimensions spécifiques du sacrifice hattdt», Vol. 75(1,1994) 59-70.
Anbar, M., «La critique biblique à la lumière des Archives royales de Mari: Jos 8», Vol. 75(1,1994) 70-74.
Kiuchi, N., «Elijah's Self-Offering: 1 Kings 17,21»,
Vol. 75(1,1994) 74-79.
Res Bibliographicæ
Vervenne, M., «The Sea Narrative Revisited», Vol.
75(1,1994) 80-98.
Fasc. 2
Commentationes
- Smith, S. H., «Mark 3,1-6: Form, Redaction and Community Function», Vol. 75(2,1994) 153-174.
- Après un bref examen de la forme de Mc 3,1-6, cette étude cherche à
identifier les traits rédactionnels de ce passage et à voir comment, par ces
interventions, l'évangéliste en a fait une illustration de son dessein théologique.
Parmi les textes de l'Ancien Testament qui ont pu avoir une influence sur cette péricope
marcienne, il faut compter le récit de l'exode, spécialement Ex 14, comme le suggère Mc 3,5. Finalement, l'étude parte
brièvement de la possible intention communautaire du passage en question. Son insistance
sur l'autorité divine pourrait se comprendre comme une critique des chrétiens
judaïsants. Ceux-ci, en effet, pensaient que Jésus, en raison de son statut messianique,
avait tous les droits de ne pas respecter la Loi mosaïque, telle qu'elle était comprise
traditionnellement, mais que ses disciples (lÉglise) ne pouvaient jouir de la même liberté.
-
- Smit, J.F.M., «Tongues and Prophecy: Deciphering 1 Cor 14,22», Vol. 75(2,1994) 175-190.
- Suivant une méthode utilisée par Johanson dans son
commentaire de 1 Co 14,21-25, cet article défend que 1 Co 14,22 doit être traduit de la façon suivante:
"Ainsi, les langues, considérées comme signe d'identification, ne sont pas propres
aux croyants, mais aux incroyants. La prophétie, de son côté, est propre aux croyants,
non aux incroyants". Traduit de cette façon, le texte s'intègre mieux que beaucoup
d'autres versions à son contexte (1 Co 14,1-33). Dans ce chapitre, en effet, Paul cherche
à persuader les Corinthiens que la prophétie est préférable au don des langues.
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- Krüger, T., «Psalm 90 und die "Vergänglichkeit des Menschen "», Vol. 75(2,1994) 191-219.
- En raison des formes verbales employées, le Ps 90 ne
devrait pas être compris comme une lamentation sur la "brièveté de la vie
humaine", mais plutôt comme une lamentation sur la durée d'une situation collective
de détresse qui se reflète dans la "fragilité humaine". Dans le contexte du
quatrième livre du psautier (Ps 90-106), il faut sans doute penser à l'exil qui se
prolonge jusqu'à l'époque du psalmiste. Dans ce cadre, le Ps 90 veut savoir si et
comment "l'homme fragile" peut faire l'expérience de la faveur et du salut
divins dans une situation d'exil de longue durée. Les autres textes du quatrième livre
du Psautier proposent de possibles réponses à cette question tout en se référant plus
ou moins explicitement au Ps 90.
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Animadversiones
Fitzmyer, J. A., «Preliminary Pubhcation of pap4QToba ar, Fragment 2», Vol. 75(2,1994) 220-224.
Stern, P., «The 'Blind Servant' Imagery of Deutero- Isaiah and Its Implications», Vol. 75(2,1994) 224-232.
Kinman, B. R., «'The stones will cry out' (Luke 19,40) - Joy or Judgment?», Vol. 75(2,1994)232-235.
O'Collins, G. - Kendall, D., «Did Joseph of Arimathea Exist?», Vol. 75(2,1994) 235-241.
Fasc. 3
Commentationes
- Kilgallen, J. J., «Jesus, Savior, the Glory of Your People Israel», Vol. 75(3,1994) 305-328.
- Souvent, l'expression «gloire de ton peuple Israël» (Lc 2,32) est comprise comme faisant partie de certaines
références isaïennes à la lumière et à la gloire. Cet article passe en revue le
large champ sémantique du concept vétérotestamentaire de «gloire» en ses nombreuses acceptions; il suggère que l'on comprend Lc
2,32 si on perçoit, à l'arrière-fond de ce que Luc fait dire à Siméon, toute la
richesse sémantique du mot «gloire», et non seulement celle des textes isaïens. En outre, l'article
veut montrer comment, selon Luc, Jésus peut offrir la «gloire» à son peuple: c'est lorsque le terme «gloire», dans son acception lucanienne, est appliqué au disciple
(lIsraël fidèle); cette «gloire», Jésus lui-même l'a en fait acquise par sa mort.
-
- O'Toole, R. F., «What Role Does Jesus' Saying in Acts 20,35 Play in Paul's Address
to the Ephesian Elders? », Vol. 75(3,1994) 329-349.
- Cet article étudie la parole de Jésus en Ac 20,35
("Il y a plus de
bonheur à donner qu'à recevoir"). Nous voudrions prouver que cette parole, qui
ressemble aux béatitudes et est susceptible de nombreuses applications, fait partie
intégrante du discours de Paul à Milet. Certains textes parallèles dans le reste de
Luc-Actes, spécialement dans le récit de la Dernière Cène, renforcent l'importance de
cette parole, car "donner" fait partie des thèmes chers à Luc. Le fait de
donner caractérise Dieu en particulier, et il peut aussi expliquer l'usage que Paul a
fait de ce qu'il a reçu comme salaire. Lorsqu'on s'est aperçu que Luc emploie le mot
"richesse" au sens métaphorique, le verbe "donner" au v. 35 peut
être compris dans un sens très large et peut décrire l'activité de Dieu ou du Christ,
le ministère de Paul et celui des anciens, tels que nous les présente le discours de
Milet. Luc, à l'aide d'une simple structure chiastique, met en lumière comment la parole
de Jésus s'actualise dans le ministère et la parénèse de Paul.
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- Neudecker, R., «Das "Ehescheidungsgesetz" von Dtn 24,1-4 nach
altjüdischer Auslegung. Ein Beitrag zum Verständnis der neutestamentlichen Aussagen zur
Ehescheidung», Vol. 75(3,1994) 350-387.
- Cette étude commence par présenter brièvement
l'exégèse commune de Dt 24,1-4 dans l'exégèse moderne. Ce texte traite d'un cas
juridique plutôt inhabituel et ne contient à proprement parler aucune Loi sur le
divorce. La première partie de l'article analyse les lectures ou paraphrases de la LXX, de Philon et de Josèphe. La
seconde partie examine comment le texte a été compris dans les écoles de Hillel et
Shammaï. L'étude
détaillée des sources fait aussi apparaître une position presque complètement oubliée
et que l'on attribue ici à l'école de Shammaï, en l'occurrence l'interdiction d'épouser une femme
renvoyée à cause d'un 'erwat dábár. L'appendice montre clairement que les
interprétations des écoles de Hillel et Shammaï fournissent l'arrière-fond indispensable à la
compréhension des affirmations néotestamentaires sur le divorce.
Animadversiones
Swetnam, J., «Hebrews 10,30-31: A Suggestion», Vol.
75(3,1994) 388-394.
Thiede, C.P., «Greek Fragment 7Q5: Possibilities and Impossibilities», Vol. 75(3,1994) 394-398.
Tsumura, D. T., «A Note on hrnq (Gen 3,16) », Vol.
75(3,1994) 398-400.
Irwin, W. H., «The City of Chaos in Isa 24,10 and the Genitive of Result», Vol. 75(3,1994) 401-403.
Du Toit, A., «Vilification as a Pragmatic Device in Early Christian Epistolography», Vol. 75(3,1994) 403-412.
Fasc. 4
Commentationes
- Sweeney, M. A., «Sargon's Threat against Jerusalem in Isaiah 10,27-32», Vol. 75(4,1994) 457-470.
- Les exégètes ont rencontré nombre de difficultés dans
leurs tentatives d'identifier l'«ennemi» qui approche Jérusalem par le nord en Is 10,27-32. En fait,
l'analyse de l'itinéraire suivi par l'«ennemi» selon Is 10,27-32, les annales des campagnes militaires
assyriennes vers l'ouest à la fin du 8me siècle A.C.N. et les objectifs tant politiques
qu'économiques de ces opérations sont autant d'éléments qui démontrent que l'avance
de cet «ennemi» doit être mise en relation avec
l'expédition de Sargon II en 720 A.C.N. Après avoir vaincu au cours de celle-ci Hamath et
Semaire, Sargon II se
dirigea vers le sud pour face aux Égyptiens. Comme il était pressé par le temps et
qu'il désirait assurer son flanc oriental il lui fallut avancer vers Jérusalem en venant par le nord,
non pour mettre le siège à la ville, mais pour intimider son roi et ses habitants et
ainsi empêcher Juda d'entrer dans le conflit aux côtés de l'Égypte et de la Philistie.
L'arrogance avec laquelle Sargon II menaça Jérusalem incita Isaïe à condamner les
Assyriens.
-
- Moloney, F., «The Faith of Martha and Mary. A Narra tive Approach to John
11,17-40», Vol. 75(4,1994) 471-493.
- A peu près tout le monde estime que, en Jn 11, la confession de foi de Marthe
en 11,27 est un sommet du récit. Marie est la plus jeune soeur et elle reste à l'ombre
de Marthe. Mais en est-il bien ainsi? La question qu'une approche narrative pose au récit
de Jn 11 est la
suivante: quelle est la fonction de la référence à l'onction de Jésus par Marie en
11,2? Le lecteur aborde le récit avec cette question en tête. La confession de Marthe,
en dépit de sa similitude avec le texte de 20,31, que le lecteur rencontrera plus tard,
évoque d'autres personnages du récit antérieur qui, comme Marthe, ont appelé Jésus "fils de Dieu"
(Nathanaël; 1,49), "Christ" (la Samaritaine; 4,25) ou "celui qui doit
venir" (6,14-15). Jésus a corrigé ces expressions d'une foi encore partielle; ceci
signifie que Marthe, qui reprend ces expressions, en est au même stade. Quant à la
réponse de Marie à Jésus, elle jure avec l'image des brebis qui répondent à la voix
du Bon Pasteur (10,4-5.16). Marie se rachètera plus tard; en effet, la prolepse de 11,2
annonce le récit de 12,1-8.
-
- Cook, J. G., «The Logic and Language of Romans 1,20», Vol. 75(4,1994) 494-517.
- Un examen de la logique et du langage de Rm 1,20 révèle
l'habileté de Paul à employer les instruments philosophiques de la culture
gréco-romaine. Le verset est un enthymème basé sur un adage philosophique
hellénistique: "Dieu est connu par les uvres de Dieu"; il veut prouver la
culpabilité de ceux en qui lidolâtrie élimine la connaissance de Dieu. Paul
choisit des termes qui manifestent sa familiarité avec les discussions philosophiques. Le
recours à ce type de langage pour communiquer avec l'église de Rome indique que la
culture intellectuelle et de l'auteur et de ses destinataires était de haut niveau.
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- Mattila, S. L., «Two Contrasting Eschatologics at Qum ran (4Q246 vs I QM)», Vol. 75(4,1994) 518-538.
- Le scénario eschatologique de 4Q246, qui combine des thèmes de Dn 7 avec les oracles de salut
bibliques, contraste de façon frappante avec l'eschatologie de 1QM. Il est très improbable que ces oeuvres aient été composées toutes les deux à Qumrân.
4Q246 fait
allusion au mythe cananéen du conflit avec les forces du chaos, comme Dn 7. Dieu agit
directement pour transformer le chaos en monde organisé, pour soumettre les nations à la
domination pacifique et éternelle du peuple de Dieu. Par contre, 1QM se caractérise par un profond dualisme cosmologique;
dans ce cadre, le but explicite des "fils de la lumière" est d'anéantir
complètement les "fils des ténèbres".
Animadversiones
Koenen, K., «"... denn wie der Mensch jedes Tier nennt, so soll es heißen" (Gen
2,19). Zur Bezeichnung von Rindern im Alten Testament»
Vol. 75, (4,1975) 539-546.
Schenker, A., «Gewollt dunkle Wiedergaben in LXX? Am Beispiel von Ps 28 (29),6», Vol. 75(4,1994) 546-555.
Res Bibliographicæ
Thiel, W., «Von der Steinzeit zu Alexander d. Gr. Zur neuen "Geschichte
Palästinas" von G. W. Ahlström», Vol.
75(4,1994) 556-567.

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