Biblica 74 (1993)

Fasc. 1

Commentationes

Menken, M.J.J., «John 6,51c-58: Eucharist or Christology?», Vol. 74(1,1993) 1-26.
       Le thème majeur de Jn 6,51c-58, un passage composé par le quatrième évangéliste à l'aide de matériaux eucharistiques, est d'ordre christologique. Les termes "chair " et "sang " se réfèrent à la mort de Jésus sur la croix. Au v. 5 I c, "le pain" est le pain de vie avec lequel Jésus s'est déjà identifié lui-même, et le texte propose une transition entre le don présent de Jésus par le Père et le don futur que Jésus fera de lui-même dans sa mort. "Manger la chair de Jésus" et "boire son sang" aux vv. 53-56 sont des expressions qui signifient la foi en Jésus crucifié. Le passage tout entier, y compris l'incompréhension des Juifs au v. 52, peut être interprété comme une discussion à propos du point de vue juif sur la mort de Jésus. Cette interprétation christologique est corroborée non seulement par le contexte immédiat de Jn 6,51b-58, mais aussi par des textes parallèles dans l'évangile de Jean et dans des écrits du christianisme primitif.
 
Reiser, M., «Bürgerliches Christentum in den Pastoralbriefen?», Vol. 74(1,1993) 27-44.
       Beaucoup d'exégètes estiment que l'éthique chrétienne des épîtres pastorales trahit les convictions religieuses de Paul pour glisser vers une adaptation à l'éthique hellénistique du "bon citoyen". Cet article affirme au contraire que ces épîtres sont enracinées dans la pensée paulinienne authentique et redéfinissent en conformité avec celle-ci tous les concepts qui ont pu être empruntés au monde non-chrétien dans lequel vivaient leurs destinataires.
 
Kilgallen, J.J., «The Return of the Unclean Spirit (Luke 11,24-26)», Vol. 74(1,1993) 45-59.
       Dans leur exégèse de Lc 11,24-26, la plupart des exégètes pensent que le "être purifié et mis en ordre" du v. 25 renvoie au manque de foi qui empêcherait une re-possession démoniaque. Dans cet essai on montrera que cette péricope devrait (1) ne pas être interprétée de cette manière; et (2) être comprise comme un complément de description du thème de base, à savoir: pourquoi l'on ne peut dire que Jésus a exorcisé par le pouvoir de Béelzeboul.
 
Willis, J.T., «Historical Issues in Isaiah 22,15-25», Vol. 74(1,1993) 60-70.
       Avant l'invasion de Sennachérib en 701 A.C.N., Isaïe annonce que le majordome en place sous Ézéchias, Shebna, sera démis de ses fonctions, emmené en exil en Assyrie et y mourra en raison de son arrogance. Il sera remplacé par Éliakim qui servira Juda comme il convient (Is 22,15-23). Cependant, Shebna ne sera jamais emmené en exil. Il sera toutefois relégué à un poste de secrétaire et Éliakim le remplacera comme majordome (Is 36,3.11.22; 37,2). Assez vite, Éliakim cède aux pressions de ses parents qui lui demandent de leur procurer des positions lucratives dans le gouvernement de la Judée. Isaïe ou l'un de ses disciples déclarent alors qu'Éliakim et sa famille déchoiront pour cette raison (Is 22,24-25). Nous n'avons aucune information sur ce qu'il advint d'Éliakim par la suite.

Animadversiones

Prinsloo, W.S., «Psalm 116: Disconnected Text or Symmetrical Whole?», Vol. 74(1,1993) 71-82.

Byrne, B.., «"Rather Boldly" (Rom 15,15): Paul's Prophetic Bid to Win the Allegiance of the Christians in Rome», Vol. 74(1,1993) 83-96.

Res Bibliographicæ

Claudel, G., «Davies-Allison et le retour de Matthieu», Vol. 74(1,1993) 97-111.

Fasc. 2

Commentationes

Fitzmyer, J.A., «4Q246: The "Son of God" Document from Qumran», Vol. 74(2,1993) 153-174.
 
Dohmen, C., «Der Dekaloganfang und sein Ursprung », Vol. 74(2,1993) 175-195.
       Dans le cadre de la discussion sur le début du décalogue et sur sa contexture deutéronomiste, cet article veut montrer que ce début du décalogue (Ex 20,2-6//Dt 5,6-10) résume l'ensemble du récit de Ex 32-34, un texte dont le "privilège" de YHWH ("Privilegrecht": Ex 34,6-7.12*.14.18-26*) forme la partie la plus importante. L'article confirme aussi la thèse selon laquelle la version deutéronomique du décalogue est plus ancienne que celle de Ex 20. En effet, certaines expressions du début du décalogue ne s'expliquent qu'en vertu de leur contact avec d'autres textes du Deutéronome (phénomène d'intertextualité). Ainsi le décalogue est le berceau de plusieurs expressions et phrases deutéronomiques et deutéronomistes.
 
Hatina, T.R., «John 20,22 in Its Eschatological Context:Promise or Fulfillment?», Vol. 74(2,1993) 196-219.
       Cet article critique la récente interprétation symbolique de Jn 20,22 proposée par D. A. Carson (The Gospel According to John [Grand Rapìds 1991]). Pour notre part, nous affirmons que le contexte du récit johannique, contexte d'eschatologie réalisée, oriente vers une interprétation réaliste de Jn 20,22, selon laquelle ce texte est l'accomplissement et le sommet de ce que le quatrième évangile dit de l'Esprit. Toutefois, Jn 20,22 reste différent du récit lucanien de la Pentecôte. Nous examinons six passages sur l'Esprit qui préparent Jn 20,22 (Jn 1,33; 3,34; 4,7-14; 6,63; 7,37-39; 14-16) et ce à la lumière de textes parallèles juifs qui parlent de l'imminence du don de l'Esprit eschatologique. Jn 20,22 est semblable au Tg. Onq. et au Tg. Ps.-J. de Gn 2,7 et nous concluons que le don de l'Esprit est en fait le don des paroles ou de l'autorité de Jésus dans la prédication.
 
Heil, J.P., «The Fifth Seal (Rev 6,9-11) as a Key to the Book of Revelation», Vol. 74(2,1993) 220-243.
       La prière des âmes immolées et sa réponse lors de l'ouverture du sixième sceau en Ap 6,9-11 contiennent un thème qui traverse tout le livre. La réponse à la prière est un texte qui prévient l’assemblée liturgique à laquelle le livre est adressé que ses membres doivent être prêts à endurer la tribulation jusqu'à la mort, si nécessaire, pour rester fidèles à la parole de Dieu et témoigner de Jésus. D'autre part, ils sont assurés que Dieu et l'Agneau vont bientôt leur rendre justice, de sorte qu'ils peuvent espérer revêtir des robes blanches comme les âmes qui les ont précédées et jouir du repos céleste avec le Christ ressuscité.
 

Animadversiones

Reed, J.T., «Indicative and Imperative in Rom 6,21-22: The Rhetoric of Punctuation», Vol. 74(2,1993) 244-257.

Beentjes, P.C., «Tradition and Transformation. Aspects of Innerbiblical Interpretation in 2 Chronicles 20», Vol. 74(2,1993) 258-268.

Fasc. 3

Commentationes

Ska, J.L., «Le repas de Ex 24,11», Vol. 74(3,1993) 305-327.
       The meal in Exod 24,11 has often been interpreted as a covenant meal. Other interpretations, e.g. as a cultic meal, are more or less in the same line. This article, however, suggests considering the meal and vision in Exod 24,9-11 as elements which confirm the authority of the leaders of Israel, that is, the members of the priesthood and the elders. They alone are worthy successors of Moses. The article goes on to examine the dating of the text and shows that it is preferable to see it as a post-exilic composition. The analysis of texts such as Isa 24,23 and Zech 3,7 confirms this opinion.
 
Frein, B.C., «The Literary and Theological Significance of Misunderstanding in the Gospel of Luke », Vol. 74(3,199) 328-348.
       Cet article montre que l'incompréhension dans l'évangile de Luc a une fonction littéraire au sein de la théologie de l’oeuvre. En premier lieu, l'article identifie trois types de passages qui décrivent l'incompréhension; les versions lucaniennes des matériaux repris à Marc soulignent l'incapacité des disciples et d'autres personnages à comprendre Jésus. Une seconde section examine comment le motif de l'incompréhension s'intègre à la trame du récit et contribue à en caractériser les acteurs. La section finale discute plusieurs éléments de la perspective théologique de Luc, notamment sa christologie et sa théologie du disciple.
 
Ascough, R.S., «Rejection and Repentance: Peter and the People in Luke's Passion Narrative», Vol. 74(3,1993) 349-365.
       Dans le récit lucanien de la Passion, le peuple juif ne joue un rôle actif qu'à un seul moment, lorsqu'il demande la mort de Jésus dans la scène du jugement devant Pilate (23,18-25). Ce changement d'attitude peu caractéristique, à ce moment du récit, ressemble étrangement au reniement de Jésus par Pierre (22,54-62). Cependant, de même que Pierre se repent de sa faute et prend ensuite une part active à la conduite de la communauté chrétienne, de même le peuple se repent et se joint à la communauté qui ne cesse de grandir. Ce fait suggère que Luc a délibérément voulu présenter le peuple de cette façon pour expliquer la croissance du mouvement chrétien dans les premiers chapitres des Actes. En même temps, Luc montre que les autorités religieuses juives sont les premières responsables de la mort de Jésus, et non les autorités romaines.
 
Sumney, J., «Those Who "Pass Judgment": The Identity of the Opponents in Colossians», Vol. 74(3,1993) 366-388.
       Face à de nombreuses hypothèses contradictoires, cet article cherche à identifier les "adversaires" de l’épître aux Colossiens sur une base plus solide en utilisant une méthode proposée précédemment en vue d'identifier les "adversaires" dans d'autres épîtres pauliniennes. Le portrait des "adversaires" de l’épître aux Colossiens qui se dessine au terme de cette étude est celui de visionnaires ascétiques obtenant leurs visions au moyen d'une ascèse modérée. Ils ne vénèrent pas les anges, mais participent au culte angélique qu'ils contemplent dans leurs visions. La principale objection que l'auteur de l’épître aux Colossiens fait à ces visionnaires est qu'ils condamnent ceux qui ne cherchent pas et n'obtiennent pas de telles visions.

Animadversiones

Gieniusz, A., «Rom 7,1-6: Lack of Imagination? Function of the Passage in the Argumentation of Rom 6,1 7,6», Vol. 74(3,1993) 389-400.

Tosato, A., «Su di una norma matrimoniale 4QD», Vol. 74(3,1993) 401-410.

Fasc. 4

Commentationes

O'Toole, R.F., « Reflections on Luke's Treatment of the Jews in Luke-Acts», Vol. 74(4,1993) 529-555.
       La vraie tâche de l'exégète, lorsqu'il examine la façon dont Luc traite des Juifs, est d'ordre herméneutique. En effet, les jugements négatifs sur certains Juifs d'une époque historique donnée ne doivent pas être automatiquement classés comme anti-juifs. Luc, en fait, alterne les jugements positifs et négatifs sur les Juifs de son temps. Jésus et les chrétiens étaient en désaccord avec les Juifs sur certains points de doctrine et de morale. Mais, bien que certains Juifs soient en partie responsables de la mort de Jésus, bien qu'ils aient persécuté les chrétiens, et bien que Luc et ses lecteurs soient restés fort perplexes devant le rejet du message chrétien par les Juifs, le troisième évangile n'incite pas à l’anti-judaïsme et il ne nous donne aucune raison de le faire.
 
Swetnam, J., «Bestowal of the Spirit in the Fourth Gospel», Vol. 74(4,1993) 556-576.
       Jn 20,22-23, le don de l'Esprit aux disciples en vue du pardon des péchés, est parfois traité comme un corps étranger à l'intérieur de l'évangile de Jean. La présente étude rejette ce jugement et montre que les versets en question sont parfaitement en accord avec le but du quatrième évangile. En outre, il faut remarquer que l'Esprit est donné en deux occasions dans Jn (19,30; 20,22-23), et que les deux textes sont complémentaires. Le lecteur averti peut percevoir la dimension cachée de ces passages lorsqu'il est attentif au jeu subtil de l'ironie johannique.
 
North, R., «Brain and Nerve in the Biblical Outlook», Vol. 74(4,1993) 577-597.
       Dans la Bible hébraïque, il n'existe pas de termes correspondant à "cerveau" et même "nerf ". Le mot léb ou lébáb est employé pour désigner un ensemble d'organes, à peine connus et souvent confondus les uns avec les autres, qu'à l'époque biblique on considérait comme essentiels au fonctionnement de ce qu'on appelle aujourd'hui le cerveau et le système nerveux.
 

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© 1998 Biblica Last modified 26/03/00