Biblica 73 (1992)

Fasc. 1

Commentationes

Spieckermann, H., «Stadtgott und Gottesstadt. Beobachtungen im Alten Orient und im Alten Testament», Vol. 73(1,1992) 1-31.
       Déterminer la relation entre une ville et son dieu fait partie des principaux thèmes théologiques de l'Égypte et de la Mésopotamie. En dépit de différences considérables, on peut parler d'une conception fondamentale commune aux deux cultures au sujet du "dieu de la ville". Selon cette conception, les dieux, avec leur responsabilité universelle, se laissent expérimenter individuellement en se liant à une ville. Dans le cadre de la "théologie de Sion", par contre, YHWH n'a voulu résider dans une ville particulière qu'au moment où son pouvoir universel a été solennellement reconnu (Ps 48). De Plus, le propre de la personne de YHWH est que sa présence dans une ville change l'essence de cette ville qui devient ainsi "ville de Dieu" d'une façon inconnue dans l'Orient Ancien.
 
Layton, S.C., «Whence Comes Balaam? Num 22,5 Revisited», Vol. 73(1,1992) 32-61.
       Quelle est l'origine des traditions concernant Balaam? Cette question débattue a reçu diverses réponses. En tenant compte des textes bibliques et des découvertes de Deir 'Alla, cette étude distingue deux courants dans ces traditions: 1) Balaam est venu d'Aram et il est donc araméen (Nb 23,7, Dt 23,5); 2) Balaam est venu s'établir en Transjordanie, près d'une rivière qui traverse le pays des Ammonites (Nb 22,5). Ce site pourrait être Deir 'Alla. L'interprétation proposée ici concorde avec l'hypothèse d'A. Wolters selon laquelle Deir 'Alla était habité par une colonie d'Araméens déportés par les Neo-Assyriens à la fin du 8ème siècle A.C.N.
 
Vander Kam, J.C. - Milik, J.T., «A Preliminary Publication of a Jubilees Manuscript from Qumran Cave 4: 4QJubd (4Q219)», Vol. 73(1,1992) 62-83.
       Seize fragments d'un manuscrit du livre des Jubilés ont été retrouvés dans la grotte 4 de Qumrân (4QJubd [4Q219]). Plusieurs d'entre eux peuvent être assemblés. Ces fragments contiennent des lettres, des mots et des phrases de Jub 21,1-2.7-10 (col. I) et 21,12-16.18–22,1 (col. II). Nous avons transcrit les colonnes, restauré leur contexte à l'aide des versions éthiopiennes et latines et d'autres textes de Qumrân. Nous donnons une traduction anglaise et discutons ligne par ligne les problèmes de déchiffrement, de restauration et d'interprétation d'un texte du 1er siècle av. J.-C.
 
O'Toole, R.F., «Some Exegetical Reflections on Luke 13,10-17», Vol. 73(1,1992) 84-107.
       Une "étude de la composition" de Luc 13,10-17 permet d'en dégager une harmonieuse structure en diptyque (13,11-13 et 14-17). Ce récit est un apophtegme, comprenant un récit de guérison et la controverse qu'elle a provoquée. Le tout est unifié par le vocabulaire, les divers développements et même certains contrastes. Un style plus soigné souligne l'importance des vv. 14-17. De plus, Luc relie 13,10-17 aux deux paraboles du royaume (13,18-21) et il interprète le premier texte par le second. Dieu et Jésus ne sont pas seuls à révéler le royaume; la femme, une "fille d'Abraham", incapable de "se redresser", puis "se tenant droite" et glorifiant Dieu, le fait également. L'article envisage aussi les liens entre 13,10-17 et son contexte plus large.

Fasc. 2

Commentationes

Klauck, H.-J., «Das Sendschreiben nach Pergamon und der Kaiserkult in der Johannesoffenbarung», Vol. 73(2,1992) 153-182.
       L'interprétation largement répandue selon laquelle l'Apocalypse de Jean aurait été écrite pour soutenir une communauté chrétienne persécutée à l'époque de l'empereur Domitien demande un examen critique. En effet, il n'est pas possible de prouver que cet empereur ait persécuté les chrétiens en Asie Mineure. Cet article prend comme point de départ la "lettre à Pergame" (Ap 2,12-17). Nous esquissons d'abord un portrait de la vie religieuse dans la ville païenne et le mettons en corrélation avec la situation de la communauté chrétienne telle qu'elle est supposée par Ap 2,12-17. Ensuite, nous poursuivons la trace des Nicolaïtes et des groupes apparentés dans les autres "lettres". C'est en passant par Ap 13 et 17-18 qu'il est possible de situer ces éléments à l'intérieur du macrotexte de l'Apocalypse. L'intention de tout le livre du point de vue "pragmatique" se cristallise dans l'appel d'Ap 18,4 qui urge les croyants à sortir de la ville. A l'arrière-plan de cet appel apparaît, comme thème propre de l'écrit, une controverse entre chrétiens au sujet des rapports (proximité ou distance) entre leurs communautés et la société urbaine païenne.
 
Carras, G.P., «Romans 2,1-29: A Dialogue on Jewish Ideals», Vol. 73(2,1992) 183-207.
       Deux questions fixent le but de cet article: (1) Quelle est la nature de la critique que Paul fait au Judaïsme? (2) Quels étaient les idéaux partagés par les Juifs du premier siècle? Selon nous, Paul affirme que la pratique des Juifs contredit les croyances et convictions centrales de leur religion. La vue adoptée par le "critique" (technique littéraire adoptée par Paul pour présenter le Judaïsme) revient à dire qu'un Juif doit bénéficier d'un régime de préférence et être traité différemment des païens parce qu'il est privilégié de Dieu. Agir ainsi, cependant, viole l'idéal juif tel que Paul l'expose en Rm 2. Nous concluons en suggérant qu'il est possible de repérer six éléments communs aux conceptions de Paul et du "critique".
 
Sonnet, J.-P., «Le motif de l'endurcissement (Is 6,9-10) et la lecture d"'Isaïe"», Vol. 73(2,1992) 208-239.
       Implementing an exegetical approach while borrowing as well from linguistic and literary theories, this study seeks to identify the motif of hardening in Isa 6,9-11 within two acts of communication: the act that motivated Isaiah's writing of his "memorial" and the act that, using the material of Isa 6, underlies the shaping of the book of Isaiah into its final form. In the first case, a particular addressee - the circle of court sages - is the target of a prophetic text using ironically generic resources of wisdom literature. In the second case, the act of communication aims at the reader of the book, and warns him against any self-assured understanding of the prophetic message. No less than the original addressee, the reader of the book is not only an interpreter (a third party) but also the recipient of the "frontal" address by the "prophetic voice".
 

Animadversiones

Wahl, H.-M., «Psalm 67. Erwägungen zu Aufbau, Gattung und Datierung», Vol. 73(2,1992) 240-247.

Althann, R., «The Meaning of ’rbcym šnh 2 Sam 15,7 », Vol. 73(2,1992) 248-252.

Lohfink, N., «Noch einmal hoq ûmišpât (zu Ps 81,5f)», Vol. 73(2,1992) 253-254.

Kilgallen, J.J., «A Suggestion regarding gar in Luke 10,42», Vol. 73(2,1992) 255-258.

Lebourlier, J., «Entos hymôn. Le sens "au milieu de vous" est-il possible?», Vol. 73(2,1992) 259-262.

Fasc. 3

Commentationes

Dorsey, D.A., «Literary Architecture and Aural Structuring Techniques in Amos», Vol. 73(3,1992) 305-330.
       Dans la perspective de l'intérêt grandissant pour "l'oralité residuelle" dans les textes anciens, cet article examine les procédés oraux/auditifs de structuration utilisés dans le livre d'Amos pour guider l'auditoire. Dans Amos, méritent une attention particulière les signaux situés en position stratégique pour indiquer le début et la fin de grandes unités, ainsi qu'une grande variété de techniques rhétoriques de genre auditif, employées pour assurer la cohésion et manifester la structure à l'intérieur de chaque unité. L'utilisation de schémas septénaires est d'une fréquence surprenante. Certaines particularités, qui semblent être des anomalies dans la structure, telles que l'insertion de fragments hymniques ou de matériau narratif, les changements brusques de genre et la disjonction de passages thématiquement apparentés, se révèlent dotées de fonctions cruciales en des schémas de structure dont la base est rhétorique.
 
Heil, J.P., «The Progressive Narrative Pattern of Mark 14,53 – 16,8», Vol. 73(3,1992) 331-358.
       Les neuf scènes de Marc 14,53–16,8 sont disposées selon un ordre alternatif, chacune formant contraste avec celle qui précède et celle qui suit. De la sorte, il est possible de distinguer sept groupes de trois scènes "en sandwich". Le lecteur implicite constate que le thème de la foi en Jésus, malgré les échecs de ceux qui le suivent, l'emporte sur le thème du rejet de sa vraie identité par les autorités juives et païennes. La séquence narrative met le lecteur au défi de rester fidèle à la "voie" de Jésus et, en même temps, elle l'en rend capable, parce que le rejet de la part des autorités de l'époque lui révèle, de façon paradoxale, la profondeur du mystère du Christ.
 
Aletti, J.-N., «Comment Paul voit la justice de Dieu en Rm. Enjeux d'une absence de définition », Vol. 73(3,1992) 359-375.
       This article examines a silence in Rom: although there is much there about God's justice, the Apostle does not give a short and precise definition of exactly what he means by "God's justice", neither at the beginning nor at the end of his argumentation. The answer is found in several places. This shows, most importantly, that Paul does not omit the definition of justice (human and divine) by an oversight. Rather, the reasons for his silence are mainly rhetorical. For him it is a question of modalities (the "how") and these alone show, and thus "define", divine justice.
 
Moberly, R.B., «When Was Revelation Conceived?», Vol. 73(3,1992) 376-393.
       C'est par une méthode textuelle et contextuelle qu'il a été possible de redater le livre de Daniel. La même méthode peut être appliquée à l'Apocalypse. Cet écrit aurait circulé parmi les "Sept Églises" après la date traditionnelle de sa composition (fin du règne de Domitien), c'est-à-dire après la chute de Domitien (septembre 96 P.C.N.) et la mort rapide de Nerva janvier 98 P.C.N.). Mais Ap a dû être conçue à Patmos au cours d'une année toute particulière (69 P.C.N.) en réponse aux événements. Elle a été rédigée pour la majeure part durant cet hiver, avant que d'autres nouvelles n'atteignent Patmos. Plus d'un indice pointe dans cette direction, surtout le fait que Roma elle-même semble sur le point de tomber.

Animadversiones

Krüger, T., «"Frau Weisheit" in Koh 7,26?», Vol. 73(3,1992) 394-403.

Giese, R.L., «Strength through Wisdom and the Bee in LXX-Prov 6,8a-c», Vol. 73(3,1992) 404-411.

Fasc. 4

Commentationes

Green, J.B., «The Social Status of Mary in Luke 1,5 – 2,52: A Plea for Methodological Integration », Vol. 73(4,1992) 457-472.
       Le but de cet article est de conjuguer une étude littéraire et narrative de la façon dont Luc présente Marie dans les deux premiers chapitres de son évangile avec les résultats d'une analyse sociologique de ces mêmes chapitres. Concrètement, l'auteur affirme que Luc est conscient des signes indiquant le statut social de Zacharie et d'Élisabeth et que, d'autre part, il renverse la hiérarchie des valeurs en ce qui concerne Marie parce que son statut repose uniquement sur la surprenante bénédiction divine.
 
Sedlmeier, F., «"Bei dir, da ist die Vergebung, damit du gefürchtet werdest". Überlegungen zu Psalm 130 », Vol. 73(4,1992) 473-495.
       L'explication du v. 4 du Ps 130 ("Auprès de toi est le pardon, de sorte que tu seras craint") joue un rôle décisif dans l'interprétation du psaume, tant en ce qui concerne le texte le plus ancien (vv. 1-6) que la partie la plus récente qui parle d'Israël (vv.7-8). La "crainte de Dieu" naît de l'expérience du pardon divin. Vivre dans la crainte de Dieu signifie donc vivre l'existence d'une personne transformée par Dieu. Ce mode de vie consiste en une relation entre la personne et Dieu (vv. 5-6), relation impossible d'un point de vue humain (vv. 1-2.3), mais que Dieu, contre toutes les apparences, rend possible (v. 4a). Par ce message, le psalmiste encourage ses compagnons croyants durant l'époque troublée qui a suivi l'exil à faire confiance au Dieu de pardon et à trouver ainsi une nouvelle identité et une nouvelle patrie existentielle.
 
Neudecker, R., «"And You Shall Love Your Neighbor as Yourself - I am the Lord" (Lev 19,18) in Jewish Interpretation », Vol. 73(4,1992) 496-517.
       Après quelques remarques préliminaires sur l'interprétation juive de la Bible, la première partie de cet article traite de l'explication de Lv 19,18b (l'amour du prochain) dans le judaïsme, surtout dans le rabbinisme ancien, et montre comment les commentateurs ont cherché à épuiser par leurs multiples propositions la richesse de ce fameux texte. La seconde partie examine les opinions des auteurs qui comprennent Lv 19,(17-)18ab comme une unité et identifient le prochain du v. 19,18b avec le prochain du v. 19,18a, "celui qui t'a fait du tort". L'étude, qui prend aussi en considération les plus importants commentateurs post-talmudiques jusqu'à l'époque moderne, offre donc un aperçu de toute l'histoire de l'exégèse juive touchant Lv 19,18. En conclusion, l'article analyse la dispute bien connue entre Rabbi Aquiba et Ben Azzai sur le principe fondamental de toute la Torah et il se termine par une section sur l'interprétation hassidique de Lv 19,18.
 

Animadversiones

Ska, J.L., «Sommaires proleptiques en Gn 27 et dans l'histoire de Joseph», Vol. 73(4,1992) 518-527.

Gianto, A., «The Theme of Enjoyment in Qohelet», Vol. 73(4,1992) 528-532.

Zwickel, W., «Die Altarbaunotizen im Alten Testament », Vol. 73(4,1992) 533-546.

Cunchillos, J.-L., «Realizaciones informáticas del Sistema integrado de análisis morfológico de textos ugaríticos (SIAMTU) », Vol. 73(4,1992) 547-559.

Giblin, C.H., «Mary's Anointing for Jesus' Burial- Resurrection (John 12,1-8)», Vol. 73(4,1992) 560-564.

Porter, S.E., «P. Oxy. 744.4 and Colossians 3,9», Vol. 73(4,1992) 565-567.

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© 1998 Biblica Last modified 26/03/00