Biblica 72 (1991)
Fasc. 1
Commentationes
- Schmitt, J. J., «Like Eve, Like Adam: msl in Gen 3,16»,
Vol. 72(1,1991) 1-22.
- Quand on traduit les mots de Dieu à
la femme en Gn 3,16 par "il dominera sur toi", cela ne semble pas représenter
la relation de l'homme à son épouse en Israël ancien, telle qu'elle est décrite par la
Bible hébraïque. Les traducteurs anciens et modernes ont achoppé sur la racine msl:
"dominer", "se moquer", ou bien encore, "être comme" en
d'autres passages. Selon le contexte le sens "être comme" est ici possible et
même probable. Les objections linguistiques qu'on pourrait soulever contre cette
hypothèse ne tiennent pas à l'examen. Adam et Eve se ressemblent l'un l'autre plutôt
que d'être dans une relation de dominant à dominé.
-
- Frevel, C., «Vom Schreiben Gottes. Literarkritik, Komposition und Auslegung von 2 Kön
17,34-40», Vol. 72(1,1991) 23-48.
- 2 R 17,34-40 est un texte composite.
Une première rédaction "encore" deutéronomiste (vv. 36.39) ajoute, en
contrepoint du triple welo' tîre'û
'élôhîm 'àhérîm du texte de base, l'injonction positive 'et-yhwh
'élohêkem tîra'û et justifie le culte de JHWH par la mention de son action
salvatrice passée (v. 36) et future (v. 39). Une deuxième rédaction postsacerdotale fut
gênée par l'absence de toute référence au décalogue dans la législation de ce qui
fut le royaume du Nord. Elle ajoute donc dans le v. 37 deux termes juridiques reliés par
le waw explicatif et la proposition relative 'àser kàtab làkem pour
en clarifier le sens. Cette allusion à l'origine divine incite à comprendre ces termes
juridiques insérés par le rédacteur uniquement comme des équivalents du décalogue. Ce
même rédacteur a aussi complété le vocabulaire juridique du v. 34 et introduit une
évocation du changement de nom de Jacob.
-
- Carrière, J.-M.,
«Le Ps 72 est-il un psaume messianique?», Vol. 72(1,1991) 49-69.
- The Messianic character of Ps 72 is
usually discussed by identifying the themes of Messiah and of universal kingship. A
syntactic and lexical analysis of the text, with attention given to allusions to Solomon's
kingship, makes it possible to define the psalm as a programmatic speech, in the political
sense of the term, and to date it to the time of Hezekiah. As a piece of literature which
goes hand in hand with social idealism, Ps 72 is Messianic: a critical memory of the past
and an assessment of the weaknesses of the present lead to a coherent vision of the
people's future.
-
- Vanhoye, A., «Les Juifs selon les Actes des Apôtres et les Épîtres du Nouveau
Testament», Vol. 72(1,1991) 70-89.
- In the relationships between the
early Church and the Jewish people, the Acts and the epistles show constants and variants.
Among the constants we find especially the bond of brotherhood between the first believers
and the children of Israel, and the conviction that the Jews are the privileged recipients
of the Paschal message. The variants concern the reception given to the Gospel and to the
Church. This changes according to the places and the categories of persons (people,
priests, authorities) and it follows an evolution which goes from initial good will to
generalized opposition. The Pauline epistles go into the question from the doctrinal point
of view; they go from polemic to a respect which is full of hope before the
"mystery" of Israel's destiny.
Animadversiones
Monshouwer, D., «The Reading of the Prophet in the Synagogue at Nazareth», Vol. 72(1,1991) 90-99.
-
Fasc. 2
Commentationes
- Hayes, J. H. - Kuan J.
K., «The Final Years of Samaria (730-720 BC)», Vol. 72(2,1991) 153-181.
- La fin du royaume de Samarie reste
un sujet débattu par les spécialistes. Tout récemment, N. Na'aman a remis en question
l'opinion dominante des deux conquêtes assyriennes proposée par H. Tadmor. Il suggère
au contraire qu'il n'y a eu qu'une seule conquête. Dans cet article, nous soutenons que
Samarie s'est rendue aux Assyriens ou fut conquise par eux à quatre reprises autour de
720: d'abord en 727-726 quand Osée se soumit à Salmanasar V qui terminait une campagne
commencée par son prédécesseur; en second lieu, en 725-724, quand Salmanasar V attaqua
Samarie, arrêta Osée et décréta que Samarie deviendrait une province de l'empire, en
troisième lieu, 722-721, quand Samarie fut conquise après un siège de trois ans à la
suite d'une autre révolte et de l'intronisation d'un nouveau roi par les habitants de
Samarie, en quatrième lieu, en 720-719, quand Sargon II reprit la ville et fit
définitivement de cette région une province de son empire.
-
- Heil, J. P., «The Story of Jesus and the Adulteress (John 7,53-8,11) Reconsidered», Vol. 72(2,1991) 182-191.
- Entre l'histoire de Jésus et de la
femme adultère (Jn 7,53 8,1 1) et le reste de l'évangile de Jean, il existe des
liens explicites de vocabulaire et de style, ainsi que des liens thématiques. Il s'ensuit
que ce récit contribue au développement de la narration de Jn 78 plus qu'il ne
l'interrompt. Ce nouvel examen des preuves internes conduit à reconsidérer les preuves
textuelles externes et plaide en faveur de l'inclusion de ce récit dans l'évangile
original de Jean.
-
- De la Serna, E., «Los orígenes de 1 Corintios», Vol.
72(2,1991) 192-216.
- After analysing various proposals
concerning the composition of 1 Cor (a mosaic of letters, unity, interpolations), it is
suggested that Paul wrote to the Corinthians in order to respond to questions presented to
him in writing (7,1). Each question is introduced by the expression peri de (7,1.25;
8,1; 12,1; 16,1.12). Meanwhile, the Apostle discovered through oral information that the
situation had worsened. This motivates him to include, in a "second edition", a
series of pericopes concerning unity and love (16; [9,110,22]; [10,23; 11,1];
11,2-34; 12,31b14,1a; 15; 16,13-24). This would explain the unity of the letter and,
at the same time, its lack of internal uniformity.
-
- Lambrecht, J., «Transgressor by Nullifying God's Grace. A Study of Gal 2,18-21», Vol. 72(2,1991) 217-236.
- Cet article examine le sens exact du
mot "transgresseur" en Ga 2,18b. "Transgresser", ici, ne signifie ni
avoir péché contre la Loi en raison d'actions antérieures (manger avec les Gentils), ni
pécher par une conduite subséquente (il ne sera pas possible d'observer toutes les
prescriptions de la Loi restaurée). Notre étude envisage une autre possibilité. Dans le
v. 18b, Paul pense, à notre avis, au commandement de vie attaché à la mort rédemptrice
du Christ sur la croix. En restaurant la Loi (2,18a), Paul annulerait la grâce de Dieu
(2,21a) et ipso facto deviendrait un transgresseur (2,18b) du nouveau commandement
qui requiert de vivre pour Dieu (2,19b). Une analyse serrée de cette ligne de pensée à
l'intérieur de 2,14b-21 et un traitement en profondeur de la terminologie de la
"transgression" (parabainein) corroborent l'argumentation.
Animadversiones
Barré, M. L., «Jonah 2,9 and the Structure of Jonah's Prayer»,
Vol. 72(2,1991) 237-248.
Hamm, D., «Zacchaeus
Revisited Once More: A Study of Vindication or Conversion?»,
Vol. 72(2,1991) 249-252.
Res Bibliographicae
Ska, J.L., «Un
nouveau Wellhausen?», Vol. 72(2,1991) 253-263.
Fasc. 3
Commentationes
- Kilgallen, J. J., «A Proposal for Interpreting Luke 7,36-50»,
Vol. 72(3,1991) 305-330.
- L'article affronte deux questions:
1) les gestes de la femme envers Jésus en Luc 7,38 sont-ils des gestes de remerciement
pour les pêchés pardonnés ou un acte de repentance? 2) est-ce Jésus ou Dieu qui
pardonne les pêchés de la femme? Pour répondre à ces questions il importe de voir
comment la parabole de Jésus (vv. 41-42) s'applique à son contexte, et aussi examiner
l'interprétation fournie dans le récit lucanien concernant Corneille en Ac 10; 11; 15.
-
- Plevnik, J., «Son of Man Seated at the Right Hand of God: Luke 22,69 in Lucan
Christology», Vol. 72(3,1991) 331-347.
- Une recherche rédactionnelle sur
Luc-Actes montre que l'exaltation de Jésus à la droite de Dieu est rapportée à sa
filiation divine. La prédiction faite au procès de Jésus que ceci arriverait
"depuis maintenant" s'est réalisée, selon Luc, à l'ascension de Jésus. C'est
par son ascension que Jésus a pris sa position à la droite de Dieu. Vue dans cette
lumière, la scène de l'ascension fournit à l'évangile une conclusion maximale et à
Luc-Actes un point de départ. Pierre prêche comme pais theou le Jésus exalté,
que le Père a placé à sa droite, et Paul le prêche comme Fils de Dieu.
-
- Rendsburg, G.A., «The Northern Origin of Nehemiah 9», Vol.
72(3,1991) 348-366.
- En 1929 A. C. Welch soutint que Ne 9
était un texte originellement écrit par les israélites du nord en 720 av.J.-C. Cette
hypothèse est partiellement reprise ici, étant donné la présence en ce chapitre de
certains traits (huit) de l'hébreu parlé dans le nord du pays. Mais cette section a
aussi cinq charactéristiques de l'hébreu biblique tardif qui favorisent une composition
post-exilique. En conséquence Ne 9 est un document tardif provenant du nord: c'est le
produit d'une communauté vivant au nord du pays et y restant après 721 jusqu'à la
période perse.
Animadversiones
Galil, G., «The
Babylonian Calendar and the Chronology of the Last Kings of Judah», Vol. 72(3,1991) 367-378.
Garsiel, M., «Puns upon Names as a Literary Device in 1 Kings 1-2», Vol. 72(3,1991) 379-386.
Jobes, K. H., «Rhetorical Achievement in the Hebrews 10 'Misquote' of Psalm 40», Vol. 72(3,1991) 387-396.
Res Bibliographicae
Dupont, J., «Un important commentaire du troisième évangile», Vol. 72(3,1991) 397-403.
Fasc. 4
Commentationes
- Blenkinsopp, J., «The Social Context of the "Outsider Woman" in Proverbs 1-9», Vol. 72(4,1991) 457-473.
- La description de la personne et des
activités de la 'iâ zarâ/nokriyyâ en Prov 1-9 doit être lue dans
le contexte de la situation sociale de la province de Juda à l'époque perse et plus
précisément à la lumière de la tentative faite par l'élite dominante d'origine
babylonienne (gôlâ ou benê haggôlâ) pour
éliminer les mariages exogamiques. Les mesures prises à cette fin se fondent sur une
interprétation stricte de Dt 7,1-4 et 23,2-9 et montent en épingle le mauvais exemple de
Salomon, l'auteur supposé de Prov 1-9. L'article en conclut que le souci de la gôlâ
de préserver son statut social et économique a influencé de façon significative la
description de la "femme étrangère" de Prov 1-9.
-
- Fischer, G., «Jer 25 und die Fremdvölkersprüche: Unterschiede zwischen hebräischem
und griechischem Text», Vol. 72(4,1991) 474-499.
- Les différences entre le texte hébreu (TM) et
grec (G) de Jérémie apparaissent surtout en Jr 25 et dans les oracles contre les nations
que l'un et l'autre place à des endroits différents. Ces dernières années, J. G.
Janzen et P.-M. Bogaert ont soutenu la priorité de G (ou de sa Vorlage hébraïque)
et leur thèse est devenue opinio communis. Cependant, quelques indices parlent au
contraire en faveur de la priorité du texte hébreu qui est à l'origine du TM. Pour le
prouver, cet article analyse la transition de Jr 25,12-15, le récit de la coupe (TM:
25,15-38; G: 32,15-38) et la façon d'introduire ou conclure les oracles contre les
nations (TM: 46-51; G: 25-31). En fait, il semble que les traducteurs grecs aient
simplifié et clarifié un texte hébreu devenu complexe en raison d'un long processus
rédactionnel.
-
- Knoppers, G.N., «Reform and Regression: The Chronicler's Presentation of Jehoshaphat», Vol. 72(4,1991) 500-524.
- Tout en admettant que Josaphat soit la figure la
plus en vue des Chroniques, les exégètes discutent de deux points concernant la façon
dont ces livres le présentent: le manque de lien entre les péricopes et les traités
désastreux conclus par Josaphat avec Israël. En fait, ces deux points sont connexes. Les
traités de Josaphat ont toute leur importance dans les Chroniques, car ces textes
fournissent des exemples typiques du mode de composition paratactique propre à leur
auteur. En racontant la carrière du roi, le Chroniste démontre que Josaphat s'est gardé
d'imiter les pratiques des Omrides. Cependant, le même Chroniste soutient tout aussi
clairement que les alliances de Josaphat avec Israël ont eu des effets funestes pour le
roi et ses descendants. L'intérêt particulier du Chroniste pour la souveraineté de Juda
explique plusieurs crux de sa présentation. Il construit son récit en vue de
souligner les mérites d'un royaume de Juda indépendant qui s'appuie sur YHWH seul et ses
torts lorsqu'il est dépendant et encombré par des alliances étrangères.
-
Animadversiones
Willis, T.M., «" So Great is His Steadfast Love ": A Rhetorical Analysis of
Psalm 103», Vol. 72(4,1991) 525-537.
Heil, J. P., «The Narrative Roles of the Women in Matthew's Genealogy», Vol. 72(4,1991) 538-545.
Mitchell, A. C., «The Use of sukophanteîn in Luke 19,8: Further Evidence for
Zacchaeus's Defense», Vol. 72(4,1991) 546-547.
Berlinerblau, J., «The Israelite Vow: Distress or Daily Life?»,
Vol. 72(4,1991) 548-555.

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Last modified 26/03/00 |