NOTES

1 Cette manière de faire est habituelle dans les récits bibliques: voir ce qu’en disent S. BAR-EFRAT, Narrative Art in the Bible (JSOTSS 70; Sheffield 31989) 166, et M. STERNBERG, "Time and Space in Biblical (Hi)story Telling: The Grand Chronology", The Book and the Text. The Bible and Literary Theory (ed. R.M. SCHWARTZ) (Oxford 1990) 82. De même: J.P. FOKKELMAN, Reading Biblical Narrative. A Practical Guide (Leiden 1999) 171: "The story offers a series of events, actions and speeches that obey the chronological order. Incidental interruptions of this succession-determined stream by a flashback or an anticipation are no more than exceptions proving the rule".

2 C’est l’âge d’Isaac à la mort de sa mère Sara (cf. Gn 17,17; 21,5 et 23,1).

3 Les retrouvailles ont donc lieu après 20 ans de séparation, comme celles de Jacob et Ésaü en Canaan (cf. Gn 31,38).

4 On notera d’emblée que Joseph vit la moitié de sa vie du vivant de son père. Il vit d’abord dix-sept ans avec lui en Canaan, et Jacob vivra dix-sept autres années avec lui en Égypte. Ils sont donc séparés durant 21 ans.

5 Voir les marqueurs temporels scandant les étapes du récit en 42,17-18 (3 jours), 27 (à l’étape), 29 (chez leur père); 43,2 (quand ils eurent achevé de manger le grain), 15b (en Égypte chez Joseph), 16 et 25 (à midi); 44,3 (le matin), 14 (Joseph encore chez lui); 45,1 (quand Joseph se fait connaître à ses frères), 25 (en Canaan chez Jacob); 46,7 (arrivée en Égypte); 47,11 (installation).

6 Voir Th.L. HETTEMA, Reading for Good. Narrative Theology and Ethics in the Joseph Story from the Perspective of Ricœur’s Hermeneutics (Studies in philosophical theology 18; Kampen 1996) 220. Voir la position du problème par STERNBERG, "Time and Space", 123-125, qui suggère notamment que la contemporanéité apparente sert à rapprocher deux scènes où un père est trompé.

7 Cette formule est employée trois fois dans l’HJ. Ici, et en 40,1, elle intervient après un sommaire (39,1-6; 39,20b-23) qui résume certaines circonstances formant l’arrière-plan de la scène qui suit: le succès de Joseph dans la maison du maître ainsi que sa grande beauté suggèrent le motif de l’attitude de la femme de Putiphar; de même, la faveur et le statut que Joseph acquiert auprès du chef de la prison expliquent pourquoi il lui confie la garde des deux prisonniers importants. En 48,1, la formule fait suite à une brève scène (47,29-31) où Jacob fait jurer à Joseph de l’enterrer dans le tombeau de ses pères. Joseph accepte, ce qui explique peut-être que, dans la scène suivante, Jacob fait à Joseph la faveur d’adopter ses deux fils et de les bénir (48,1-20). L’expression en question ne jouerait donc pas seulement le rôle de marqueur temporel; elle assurerait aussi un lien logique avec la scène qui suit. Sur l’ellipse temporelle ou le blanc narratif, voir J.L. SKA, "De quelques ellipses dans les récits bibliques", Bib 76 (1995) 63-71, surtout p. 64-65, et la bibliographie en notes.

8 Cette proposition de structure globale s’appuie aussi sur l’observation des changements de lieux et de personnages, mais ce n’est pas ici le lieu de le montrer.

9 Voir HETTEMA, Reading for Good, 219-220. J.L. SKA, "Our Fathers Have Told Us". Introduction to the Analysis of Hebrew Narratives (SubBib 13; Roma 1990) 11, parle, à propos de Gn 37–39, de l’alternance entre deux fils narratifs contemporains. Voir déjà L. ALONSO SCHÖKEL, Dov’è tuo fratello? Pagine di fraternità nel libro della Genesi (Brescia 1987) 289.

10 Sur la digression et la reprise, voir SKA, "Our Fathers", 9.

11 Pour ce chapitre, c’est sans doute à partir des points communs entre l’épisode et ceux qui l’entourent (chap. 37 et 39) que l’on peut éclairer la question de sa fonction essentielle à cet endroit. Sur ces contacts, voir R. ALTER, The Art of Biblical Narrative (London 1981) 3-12 et J.P. FOKKELMAN, "Genesis 37 and 38 at the Interface of Structural Analysis and Hermeneutics", Literary Structure and Rhetorical Strategies in the Bible (ed. L.J. DE REGT – J. WAARD – J.P. FOKKELMAN) (Assen 1996) 152-187, pour le rapport entre Gn 37 et 38; pour les relations entre 38 et 39, voir J.-L. SKA – J.-P. SONNET – A. WÉNIN, L’analyse narrative des récits de l’Ancien Testament (CEv 107; Paris 1999) 55-56. Mais il ne faut pas négliger une possibilité laissée ouverte par le narrateur: le chap. 38 pourrait fournir des clés de compréhension du changement survenu chez Juda entre le début de l’histoire et les chap. 43–44; à ce sujet, voir STERNBERG, "Time and Space", 130-134, ou HETTEMA, Reading for Good, 182-183.

12 Ici aussi, d’autres éléments explicatifs devraient être explorés, p. ex. l’aspect récapitulatif des allusions à ce qui précède en Gn, disséminées dans cette liste de personnes.

13 C’est ce que SKA, "Our Fathers", 10, appelle la technique du tuilage. Sur la difficulté de situer les faits rapportés en 47,13-26 (en particulier la deuxième année du v. 18) par rapport à ceux de l’intrigue principale, avec une superposition temporelle possible, voir Y.W. FUNG, Victim and Victimizer. Joseph’s Interpretation of his Destiny (JSOTSS 308; Sheffield 2000) 43.

14 23 Lorsque Joseph arriva près de ses frères, ils lui arrachèrent ... 24 ils le prirent et le jetèrent ... 25 et ils s’assirent ... et ils levèrent les yeux et virent ... 26 et Juda dit ... 27 et ses frères écoutèrent ... 28 et passèrent des hommes ... et ils tirèrent et firent monter Joseph ... et ils le vendirent aux Ismaélites ... et ils firent venir... 29 et Ruben retourna ... et il déchira ... 30 et il retourna ... et il dit ... 31 et ils prirent ... et ils égorgèrent ... et ils plongèrent ... 32 et ils envoyèrent ... et la firent venir vers Jacob et ils dirent ... 33 et il la reconnut et il dit ... 34 et il déchira ... et il mit ... et il resta en deuil de nombreux jours.

15 Dans la BHS. Cette scène a la longueur d’un chapitre, soit un cinquième de la durée totale de l’acte III, qui correspond lui-même à une année et demie de temps raconté mais occupe les deux cinquièmes du temps racontant (10 pages sur 26 dans la BHS).

16 Voir BAR-EFRAT, Narrative Art, 152-159, surtout 159.

17 J.L. SKA, "Sommaires proleptiques en Gn 27 et dans l’histoire de Joseph", Bib 73 (1992) 518-527, surtout 524.

18 SKA, "Sommaires", 524, qui cite également 37,18b et 42,7b. Dans le premier cas, et ils complotèrent contre lui pour le tuer introduit seulement les paroles de la conspiration (37,19-20); dans le second cas, le narrateur anticipe en précisant la nature des paroles que Joseph va prononcer dans la conversation qui va suivre: et il leur parla des paroles dures. Concernant la technique du sommaire proleptique, voir J.L. SKA, "Quelques exemples de sommaires proleptiques dans les récits bibliques", Congress Volume, Paris 1992 (ed. J.A. EMERTON) (VTS 61; Leiden 1995) 315-326.

19 Voir en 40,20-22, dans le récit de la réalisation de l’annonce faite par Joseph, le jeu de mots sur l’expression #)r-t) )#n: à cause de l’ambiguïté créée par Joseph lui-même aux vv. 13 et 19, ce jeu de mots fait craindre un moment qu’il ait pu se tromper, mais cela se retourne ironiquement aux dépens du panetier pendu.

20 Interprètent les rêves de Joseph comme une communication divine, p. ex. H. GUNKEL, Genesis übersetzt und erklärt (Göttingen 91977) 405; R. LACK, Letture strutturaliste dell’antico testamento (Roma 1978) 104, ou A. SCHENKER, Chemins bibliques de la non-violence (Chambéry 1987) 13-40 (cf. n. 17, p. 154). A. DA SILVA, La symbolique des rêves et des vêtements dans l’histoire de Joseph et de ses frères (CTHP 52; Québec 1994) 42-50, montre que, dans la Bible, cela n’est pas forcément le cas (voir ainsi Dt 13,2.4; Jr 23,25.28; Jb 20,8; Si 34,1-8). Quant à C. WESTERMANN, Genesis 3. Genesis 37–50 (BKAT I/3; Neukirchen 1982) 30, il souligne que le texte ne parle pas d’intervention de Dieu: "von einem Wort Gottes an Joseph durch den Traum ist nicht die Rede". Dans le même sens: G.J. WENHAM, Genesis 16–50 (WBC 2; Dallas 1994) 351.

21 À la suite de G. VON RAD, Das erste Buch Mose. Genesis (ATD; Göttingen 51967) 307-308; V.P. HAMILTON, The Book of Genesis. Chapters 18–50 (NICOT; Grand Rapids 1995) 410, souligne bien que l’absence de référence à Dieu confère aux rêves un caractère ambigu: "is the dream an exhibition of hybris or is it a prophecy?"; voir aussi WENHAM, Genesis 16–50, 351. ALONSO SCHÖKEL, Dov’è tuo fratello?, 313, est plus réservé quand il se demande si le rêve vient de Dieu ou de la fantaisie de Joseph.

22 R. PIRSON, "The Sun, the Moon and Eleven Stars: an Interpretation of Joseph’s Second Dream", Studies in the Book of Genesis (ed. A. WÉNIN) (BETL 155; Leuven 2001) 563, conteste même radicalement la lecture de Jacob.

23 Selon P. JOÜON, Grammaire de l’hébreu biblique (Rome 1965) § 123 h, l’infinitif absolu préposé peut signaler une nuance modale de pouvoir et de devoir dans un verbe à l’inaccompli (pour ces nuances, voir § 113 l et m). Lui-même opte pour la nuance d’improbabilité que l’infinitif induirait (§ 123 f). Ces remarques sont reprises telles quelles dans l’édition de Muraoka (P. JOÜON, A Grammar of Biblical Hebrew. Translated and Revised by T. Muraoka [SubBib 14 ; Roma 1996]). Parmi les traductions courantes en français, la Bible Osty et la TOB ont choisi de rendre ces nuances modales.

24 En ce sens, p. ex., HETTEMA, Reading for Good, 174; et déjà VON RAD, Das erste Buch Mose, 308.

25 Sur cette question, voir P. GIBERT, Le récit biblique de rêve. Essai de confrontation analytique (Profac – Série Biblique 3; Lyon 1990) 23-29. Il traite de Gn 37,2-12 aux p. 43-55. On se rappellera que, pour Freud, le rêve constitue la réalisation d’un désir inconscient du rêveur. N.M. SARNA, Genesis. The Traditional Hebrew Text with the New JPS Translation (JPS Torah Commentary; Philadelphia 1989) 256, reconnaît lui aussi que les rêves, en plus d’être un message de la divinité, peuvent aussi refléter la personnalité du rêveur, ses désirs et ses souhaits.

26 En ce sens, GIBERT, Le récit biblique de rêve, 44-45.

27 GIBERT, Le récit biblique de rêve, 54.

28 Voir en ce sens, GUNKEL, Genesis, 404, puis J.G. JANZEN, Abraham and All the Families of the Earth. A Commentary on the Book of Genesis 12–50 (ITC; Grand Rapids – Edinburgh 1993) 149, et DA SILVA, La symbolique, 68.

29 En 44,14 et 50,18, l’expression est différente ([hcr)] wynpl wlpyw) tout comme le contexte: il s’agit de se jeter aux pieds de quelqu’un dans un geste d’imploration en vue d’obtenir pitié suite à des fautes que l’on avoue; voir aussi PIRSON, "The Sun, the Moon", 567, n. 15.

30 Rachel est morte avant le début de cette histoire, et en tout cas, de son vivant, Joseph n’avait que dix frères, puisque sa mère meurt en donnant le jour à Benjamin (cf. 35,16-19). Aussi, l’interprétation de Jacob est fausse de toute manière. Mais elle est peut-être ironique: en disant à Joseph que sa mère, pourtant morte, devrait venir s’incliner devant lui, Jacob exprime indirectement son scepticisme, suggérant qu’il est impossible que le rêve se réalise. Un tel sens est cohérent avec la réaction dure de Jacob qui réprimande le rêveur (37,10). En ce sens, voir p. ex. la lecture de E.I. LOWENTHAL, The Joseph Narrative in Genesis. An Interpretation (New York 1973) 20; J. EISENBERG – B. GROSS, Un messie nommé Joseph. À Bible ouverte V (Présences du Judaïsme; Paris 1983) 81-82, et PIRSON, "The Sun, the Moon", 563.

31 En 47,31, le narrateur parle d’une prosternation d’Israël en présence de Joseph, mais ce n’est pas devant lui qu’il s’incline, mais devant Dieu en signe d’action de grâce (voir déjà Rachi). En ce sens: WESTERMANN, Genesis 37–50, 183, et HETTEMA, Reading for Good, 206-207, qui renvoient à 1 R 1,47-48 pour un geste semblable chez David. En sens inverse, p. ex., R. DE HOOP, Genesis 49 in its Literary and Historical Context (Leiden 1998) 328-332, ou G. FISCHER, "Die Josefsgeschichte als Modell für Versöhnung", Studies in the Book of Genesis (ed. WÉNIN) (BETL 155; Leuven 2001) 255.

32 Voir JANZEN, Abraham and All the Families, 149: "...the second [dream] speaks of him [Joseph] as a master of times and seasons (cf. Gen. 1:14-19)".

33 Ainsi, PIRSON, "The Sun, the Moon", 561-568: la somme de 11 et 2 fait 13, le nombre d’années qui s’écoulent avant l’arrivée de Joseph au pouvoir; le produit de la multiplication de ces chiffres est 22, le nombre d’années qui passent jusqu’à ce que se réalise le premier rêve (tous les frères se prosternent). On ajoutera que le 2 à part du 11 pourrait renvoyer aux 2 années passées en prison par Joseph suite à l’oubli de l’échanson (41,1).

34 Avec VON RAD, Das erste Buch Mose, 307, et d’autres, J.-M. HUSSER, Le songe et la parole. Étude sur le rêve et sa fonction dans l’ancien Israël (BZAW 210; Berlin – New York 1994) 237. Voir aussi DA SILVA, La symbolique, 74.

35 On n’a pas assez insisté sur un fait curieux: Joseph ne se souvient pas des rêves juste après le premier prosternement des frères en 42,6b, comme cela aurait été naturel, mais après un léger délai, lorsqu’il constate que les frères ne le reconnaissent pas d’eux-mêmes (v. 9). Le narrateur semble donc lier le souvenir des rêves non au prosternement qui précède, mais à la suite immédiate où Joseph secoue ses frères en les accusant d’espionnage. Voir cependant HAMILTON, Genesis 18–50, 520.

36 Voir p. ex. WESTERMANN, Genesis 37–50, 172, ou HAMILTON, Genesis 18–50, 592. Certes les trois premières annonces où Dieu s’engage visent aussi la première partie de Ex, mais la fin de Gn les réalise déjà d’une première manière.

37 Ce sont les première et dernière paroles de Jacob dans cet acte.

38 En 48,6, Jacob parle à Joseph de "l’enfantement que tu as enfanté après eux" (Manassé et Éphraïm), et dont le narrateur ne dit mot par ailleurs. S’agit-il aussi d’une analepse par laquelle le narrateur comble une ellipse en utilisant les paroles de Jacob? Ou est-ce pour Jacob une façon d’adoucir le fait qu’il prive Joseph de ses deux fils (voir DE HOOP, Genesis 49, 338)?

39 Sur ce passage, voir en particulier ALTER, The Art, 167, et HETTEMA, Reading for Good, 198-200.

40 Il est fréquent dans l’A.T. qu’un narrateur taise des éléments d’exposition et les introduise au moment où ceux-ci sont nécessaires à la compréhension de l’action. Cf. p. ex. BAR-EFRAT, Narrative Art, 111-121, ou SKA, "Our Fathers", 23.

41 On peut souligner aussi l’ironie du narrateur: alors que les frères viennent d’avouer qu’ils n’ont pas écouté leur frère (v. 21) et que Ruben vient de leur reprocher de ne pas avoir écouté son intervention en sa faveur (v. 22), Joseph, lui, les écoute, les entend et les comprend (trois sens simultanés de (m# au v. 24).

42 Cette ellipse est relevée par LACK, Letture strutturaliste, 69-70, et SKA, "Our Fathers", 9.

43 En ce sens, HETTEMA, Reading for Good, 177.

44 Le dernier verbe qui a Joseph pour sujet est celui de son arrivée au v. 23a. Après, il est l’objet des actions des autres personnages (vv. 23, 242, 283, 31-32 [la tunique], 34, 35) ou de leurs discours (vv. 262, 32, 33, 35, 36).

45 Sur ceci, SCHENKER, Chemins bibliques, 25-26, et FISCHER, "Josefsgeschichte", 249-250 qui précise que l’intervention de Ruben (42,22), se désolidarisant de ses frères comme en 37,21-22.29, complète le lien avec les événements de Dotan. J’ajouterais que, cette fois, c’est Joseph qui apprend quelque chose qu’il ignorait.

46 Comme le suggère JANZEN, Abraham and All the Families, 201, les frères réagissent en fonction de leur culpabilité. Il semblent projeter chez Joseph ce qui fut la logique d’Ésaü victime de son frère: par respect pour un père dont il était le préféré, il différa son projet de se venger de son frère (27,41, avec le même verbe M+#&). Ce rapprochement avec Ésaü est fréquent: voir p. ex. ALONSO SCHÖKEL, Dov’è tuo fratello?, 378-379.

47 En ce sens, p. ex., SARNA, Genesis, 349-350. Pour W. BRUEGGEMANN, "Genesis L 15-21: a theological exploration", Congress Volume, Salamanca 1983 (ed. J.A. EMERTON) (VTS 36; Leiden 1985) 40-53, on ne sait pas si Jacob a prononcé de telles paroles.

48 En ce sens, M. STERNBERG, The Poetics of Biblical Narrative. Ideological Literature and the Drama of Reading (Bloomington 1985) 379, écrit: "Taken together with the emphasis on the brothers’ fear of revenge, (...) their unsupported report makes sense as a desperate fabrication". Voir aussi WENHAM, Genesis 16–50, 490. VON RAD, Das erste Buch Mose, 349-350, ne partage pas cet avis qui est pour lui une "ganz irrige Annahme".

49 Voir HAMILTON, Genesis 18–50, 702: envoyer un message est une façon d’éviter la confrontation avec quelqu’un que l’on craint comme un adversaire. Cet auteur renvoie à ce que Jacob fait avant de rencontrer Ésaü en Gn 32. Voir aussi VON RAD, Das erste Buch Mose, 377, et WESTERMANN, Genesis 37–50, 231.

50 Pour une comparaison précise entre ces deux récits (parallèles et inversions), voir Y. ZAKOVITCH, "Through the Looking Glass: Reflections/ Inversions of Genesis Stories in the Bible", Biblical Interpretation 1 (1993) 139-152, surtout p. 141-143. Le parallèle est signalé également par STERNBERG, The Poetics, 304, et R. ALTER, The Art, 173.

51 D’autres personnages opèrent des retours en arrière à l’intérieur d’épisodes définis; ils sont donc moins significatifs au plan temporel. La femme de Putiphar "raconte" deux fois ce qui s’est passé lorsqu’elle a entrepris Joseph (39,13-19). De même, en 41,9-13, l’échanson évoque des faits que le narrateur vient de raconter en détail (cf. 40,5-23).

52 STERNBERG, The Poetics, 307-308. Sur le caractère émotionnel du discours, voir le jugement de SARNA, Genesis, 306.

53 Ainsi déjà VON RAD, Das erste Buch Mose, 345.

54 Sur ce point, voir WESTERMANN, Genesis 37–50, 149-150; STERNBERG, The Poetics, 308, ou encore WENHAM, Genesis 16–50, 426.

55 Voir l’analyse brève mais suggestive de ALTER, The Art, 174-175.

56 Ainsi STERNBERG, The Poetics, 308. C’est seulement dans la dernière partie du discours, lorsqu’il parle de son engagement vis-à-vis de Jacob, que Juda s’exprime au singulier. Selon R. ALTER, Genesis. Translation and Commentary (New York – London 1996) 265, Juda parle en tant que "spokesman for the brothers".

57 Sur ce point voir la belle analyse de STERNBERG, "Time and Space", 130-132: "confronted with Jacob’s outcry that two of his sons are ‘gone’ and he will not expose his youngest (Benjamin) to the same fate by surrendering him to dangerous relatives, how can Judah fail to identify the reenactment of his own unwillingness to deliver his own youngest son (Shela) into Tamar’s arms, where the two older brothers have found their death? Family history repeats itself once more before Judah’s eyes, with the tables again ironically turned on him" (p. 131). En ce sens aussi FISCHER, "Josefsgeschichte", 260.

58 J’argumente cette lecture ailleurs: A. WÉNIN, "La ruse de Tamar (Gn 38). Une approche narrative", ScEs 51 (1999) 265-283, voir p. 276-282.

59 Voir aussi à ce sujet les considérations de VON RAD, Das erste Buch Mose, 331-332.