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Anne-Françoise Loiseau, «Note sur la traduction araméenne de 1 R 19,12.», Vol. 92 (2011) 442-444
Why has the Aramaic translator rendered the mysterious «sound of subdued silence» (hqd hmmd lwq) in 1 Kgs 19:12 by «the sound of those (= the angels) praising quietly» (y#Oxb Nyxb#Omd lq)? It can be that, with the root Mmd «to be silent, quiet» in front of him, the meturguman has thought of the synonym I xb#O «to calm» and from there has «skipped» to the (mainly Aramaic) homonym II xb#O «to praise». This connection between Mmd and I xb#O + II xb#O would thus explain the Aramaic translation, which in its own peculiar way stays quite close to its Hebrew model.
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Biblica_2:Layout 1 21-11-2011 13:02 Pagina 442
Note sur la traduction araméenne de 1 R 19,12
Dans son article “The Hebrew Word hm'm'D> and the Root d-m-m I” 1,
E.D. Reymond offre un tableau complet des usages de hmmd et maintient
le rattachement traditionnel de ce substantif à la racine I ~md “être silen-
cieux, calme”, plutôt qu’à des racines homonymes “gémir” ou “mur-
murer” proposées par certains lexicographes. Dès lors, ce qu’Elie perçoit,
lors de la théophanie au mont Horeb (1 R 19,12), c’est un “son de doux
silence, un son doucement silencieux” 2.
Reymond cite, parmi les divers indices qu’il avance pour soutenir sa thèse,
la traduction de l’expression hqd hmmd lwq par le Tg: yvxb !yxbvmd lq qu’il
traduit par le “son de ceux qui chantent les louanges à voix basse” 3. Dans sa
note 16, il récuse avec raison quelques traductions divergentes, comme par
exemple celle de G. Vermes: “ceux qui bénissent silencieusement” 4.
Je suis tout à fait d’accord tant avec son exposé principal qu’avec sa tra-
duction du Tg. Mais ne peut pas aller plus loin en ce qui concerne la traduc-
tion araméenne? D’où viennent, en effet, ces anges qui chantent les louanges?
De l’imagination débridée du traducteur? Pour ce qui est des anges, il nous
faut replacer la scène dans le tableau d’ensemble: le traducteur araméen a
conçu la théophanie (exprimée par le verbe désincarné ylgta “se révéler”)
comme accompagnée, non de divers phénomènes naturels, mais de diverses
armées d’anges: les anges du vent, les anges du tremblement de terre, les
anges du feu, et enfin, nos anges de la louange. Quant au verbe “chanter les
louanges”, je crois pouvoir l’expliquer ainsi. En hébreu, il existe deux racines
devenues homonymes. La première, I xbv (piel/hiphil) “rendre silencieux,
calmer”, est utilisée pour les flots déchaînés (Ps 65,8 5; 89,10); son tempéra-
1
Biblica 90 (2009) 374-388.
“The Hebrew Word hmmd”, 377: “a sound of gentle quiet”.
2
“The Hebrew Word hmmd”, 380: “a sound of those praising quietly”. La tra-
3
duction de D.J. HARRINGTON – A. J. SALDARINI, The Aramaic Bible (Edinburgh
1987) X, 254, est plus ou moins identique: “… the voice of those who were
praising softly”.
“The Hebrew Word hmmd”, 380: “those who bless silently”.
4
La traduction du piel xbv “rendre calme, apaiser” dans la LXX par le
5
contraire suntara,ssw “perturber”, au Ps 65, pourrait s’expliquer par le verbe
araméen en métathèse vxb, qui signifie “examiner, secouer, agiter” (et plus
particulièrement en syriaque “perturber”; cfr. R. PAYNE SMITH, Thesaurus Sy-
riacus, col. 508). Cette modification serait volontaire, dans la mesure oĂą le
même verbe, dans le même contexte, a été fidèlement traduit dans le Ps 89 (par


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